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pantagruel52
Description du blog :
globeballadeur: Equateur, Italie, Angleterre et d'autres destinations pas moins dépaysantes...
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Catégorie :
Blog Voyage
Date de création :
08.07.2007
Dernière mise à jour :
07.03.2008
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Enjoy!

Posté le 07.03.2008 par pantagruel52
Retour en France prevu le 17 mars.

Je vais relever ce cimetiere des mots de quelques articles grouillants de vie. Quoi que dans le corps d'un mort, que l'on ne s'y trompe pas, la vie grouille: quand est-il des mots?

Introduction:
"Ah, non d'un dieu, j'en ai vu des choses"

God said: work slaves of your self!

Posté le 22.11.2007 par pantagruel52
Londres...

Ville de l'accomplissement personnel où la reconnaissance s'établit parallèlement au labeur accompli. Travailler pour vivre et vivre pour travailler.
Ouai, c'est cool, au moins je sais quoi faire de mes soirées: je bosse. Mais pour prendre le temps de tourmenter mon clavier, c'est plus difficile: se lever (15 heures), émerger (pour le coup ça bouffe vraiment des minutes), se laver, manger un bout et se motiver... Il est déjà l'heure de retourner cuire des croissants.
Heureusement il y a les "jours off", où on peut se reposer, aténuer les cernes et se requinquer pour... être de nouveau productif à chacun de ses shifts (rotation journalière.)

Putain, mais qu'est ce que je suis content d'être rentré dans la vie active et d'être enfin considéré dans une société qui ressère des liens nous unissant l'un à l'autre: taxes, transports en commun prohibitifs, marché de l'immobilier complètement dégenté, incitation à la consommation, cigarettes, clubs, alcool...

Youhouu! Bienvenue dans le monde du travail, celui des adultes responsables qui construisent un projet d'avenir!

Bon, tout ça pour dire que j'ai pas le temps d'écrire, nouvel article en début de semaine prochaine ou plus tard...

Dimanche et lundi (All 4/4)

Posté le 18.11.2007 par pantagruel52
Réveil matinal, mais pas au champ du coq, plutôt au ronronnement des moteurs de camions qui quittent leurs lieux de couchage pour rejoindre les grandes routes. Ma montre à remontoir automatique que j’avais détaché de mon poignet s’est déchargée et je sais pas vraiment quelle heure il est.

En tout cas la nuit reste bien noire et, au moment ou un commercial s’arrête pour me prendre, le soleil brille bien haut dans le ciel. Malgré un nombre de kilomètres encore conséquent, ça sent la fin de voyage et la fatigue prend le dessus sur la curiosité de découvrir les multiples anecdotes de mon hôte. Repos de courte durée. Tout à coup mon cœur s’enfonce dans le siège en cuir emportant au passage une paire de vertèbres. Le souffle coupé j’ouvre les yeux qui se fixent d’eux même sur le compteur. 240 kilomètres heure et un petit sourire au coin du visage de mon pilote costar cravate. Peu à peu mon regard glisse sur le tableau de bord ou je découvre une sorte de blason rougeoyant posé sur quelques lettres. Porsche. C’est la plus grande étape que j’effectue d’un trait. Cependant, jusque Francfort on ne mettra guère plus d’une heure.

Il est 18 heures quand je passe la frontière en compagnie d’un gars « qui sait ce que sait que d’attendre des plombes que quelqu’un vous prenne sur le bout de la route. » Il me dépose à Sarreguemines où je rode mes semelles jusqu’à ce qu’une jeune institutrice « qui commence franchement à en avoir marre de ce boulot de merde » me dépose sur un rond point à l’entrée d’une autoroute. Et là : vide. Je reste planté bien 7 heures sans qu’une voiture s’arrête : je pense que je me suis assis sur les fondations de la ligne Maginot et que les deux camps se méfient de mes possibles intentions belliqueuses. Un peu à bout de patience, j’enclenche la machine à gambader et je me dirige vers la nationale. Je trotte jusqu’au début du jour et je m’endors comme une souche sur un banc au premier village rencontré.

Il faut que je rejoigne Nancy. En soi c’est pas si loin, un peu moins de 90 kilomètres. Mais ça prend du temps. J’avance de piquette en piquette, par à-coups de quelques lieues, les automobilistes s’arrêtant pour m’emmener au prochain carrefour parce que « c’est toujours ça de gagné. » C’est long, mais les rencontres originales tuent agréablement le temps. Papy résistant, chauffeur poids lourd teufeur, éleveur de poulets (…) et finalement une infirmière et son bichon.

Midi et des pelletées, je suis à Nancy et je me paie royalement un restaurant où la gérante m’offre gracieusement un bout de carton et un marqueur pour que j’y marque Dijon, Chaumont et Neufchâteau. Large choix, mais tout ça c’est au sud. Un mécanicien s’arrête et m’emmène dans la cité vosgienne. « T’es de Haute-Marne toi ? Pourtant t’es pas du genre moumoute sur le volant et makina à donf. On en a une paire qui envahissent les rues de Neufchâteau, ils vont tous faire leurs courses chez nous les culs terreux : tu penses on à le plus grand Leclercq de la région ! »

Mon dernier hôte est un con. Oui, c’est un peu sec comme ça, mais il vaut bien une montagne de connerie à lui seul. Il m’explique comment faire du fric dans une entreprise de TP. Je passe les détails, il me gonfle vraiment ce con (répétition tiens.)

J’arrive à 17 heures devant la maison de l’agriculture à Chaumont juste au moment où mon père quitte son boulot. Il ouvre la porte de notre supositoir à autobus (une Fiat 500), et l’aventure se termine quelques kilomètres plus loin en terre euffignoise, pieds, dos et tête en compote.

Azor est un trésor

Posté le 15.11.2007 par pantagruel52
« Mon chien s’appelle Azor
Azor est un trésor
Quand je vois des gens porter des lunettes
Alors qu’ils n’en ont pas besoin,
Je me dis il faut que j’en achète
A mon chien parce que ça lui va bien. »

Cette comptine je la connais de ma maman, et elle m’est restée. Je suis un peu comme Azor par moments. Il suffit que je vois quelque chose de nouveau, ça crée du besoin dans ma caboche et tout apparaît d’un coup plus logique : « mais comment j’ai pu m’en passer ? »
Dernière acquisition : un appareil photo numérique Samsung N bidule chouette. Ben il est cool, design novateur, performant, etc.

Comme Azor, il faut que je me promène un peu, ne serait-ce que pour me dégourdir les pattes. Moi aussi j’ai ma laisse et des fois une muselière, en ce moment je ne sors jamais sans mon super manteau en cuir et aujourd’hui j’ai un petit truc en plus : mon Samsung N bidule chouette. Allez, c’est parti ! Bus, escalators, métro, escalators, escaliers et me voilà sur Trafalgar Square au milieu de touristes des quatre vents. Ça n’en fait qu’un de plus. Ce qui est le plus impressionnant sur cette place c’est certainement la colonne sur laquelle se dresse l’amiral Nelson tout de pierre vêtu. Premier réflexe : je prends une photo, quoique ce n’est pas un réflexe instinctif, la petite boîte de métal n’est pas sortie de l’utérus maternel.

Quelques minutes à attendre et à regarder de ci de là la National Gallery et j’aperçois plus au loin la célèbre horloge de Big Ben : en voilà une belle de photo, vachement originale pour le coup. Je descends une avenue à pied et je m’arrête devant un attroupement qui se presse contre des barrières. Je demande à plusieurs personnes ce qui se passe, et vu leur enthousiasme je pense bien qu’ils sont un peu plus au courant que moi de l’affaire qui se déroule au loin (on entend des caisses claires qui entament un roulement endiablé.) Et bien non, le petit jeune comme le petit vieux ou alors la maman avec sa poussette ne sont pas au courant. Alors je sautille (je suis pas très grand mais sacrément curieux) et j’aperçois entre de bonds une paire de mamies en tailleur noir, des uniformes et des drapeaux. Maigre indice me direz-vous. Pas forcément. Depuis une semaine Londres est envahie de coquelicots greffés sur les vestons de tout un chacun en mémoire d’un certain 11 novembre. Aujourd’hui on est le 10 novembre, des vieux, un défilé, des tambours : c’est une cérémonie en la mémoire des anciens combattants !



Ce qui est marrant à voir, c’est que le spectacle attise la curiosité jusqu’à ce qu’une foule compacte vibre en symbiose avec l’événement qui se déroule. Et tout à coup on se découvre un devoir de mémoire et une fibre de patriotisme et nos pieds commencent à taper sur le rythme de l’orchestre. Des sourires illuminent des visages et les coquelicots fleurissent sur les vestons. Mon acolyte c’est acheté une de ses fleurs de sang pour une livre symbolique, comme ça me di-il il se sent vraiment Londonien. Quand une charmante blondinette me propose de vibrer sur élan patriote, je luis répond dans un anglais approximatif que la mémoire ce n’est pas de l’histoire. Et si mon lexique n’était pas si faible, j’aurai voulu continuer par : « c’est justement pour ça que cet événement (on parle de la première guerre mondiale, vous suivez ?) restera dans mon esprit une gigantesque boucherie née de l’affrontement de plusieurs nationalismes qui n’ont rien à envier en absurdité l’un de l’autre. Alors le patriotisme, forme édulcorée de ce nationalisme je crache dessus, on ne légitime pas la mort des millions d’homme et de femmes par le devoir du souvenir et l’amour d’une foutue patrie. »

Enfin voilà, charmante matinée où Azor et moi n’étions pas les seuls à nous balader en laisse.

lien vers la video du fameux défilé: http://fr.youtube.com/watch?v=4h_v0p55qAw

Samedi: le grand jour! (All 3/4)

Posté le 25.09.2007 par pantagruel52
« Hein… quoi ? Putain mais merde c’est quoi ce bordel ?
Ok, wake up. Bon… qu’est-ce que je suis fatigué moi. On est déjà arrivé ? Quelle gare merde ? Köln ? Il reste encore une paire de kilomètres, mais putain il y a du peuple ici ! »

Le train est bondé, une ambiance électrique, ça boit ça rigole, on approche. Je fais la rencontre d’un Russe et de son ami ukrainien DJ Sir G (Sergei anglicisé), on boit une paire de bières, les portes s’ouvrent, et là… I N C R O Y A B L E ! Je me fraie un chemin dans la foule compacte en jouant non pas des coudes mais de mon sac à dos énorme. J’évolue torse nu tant bien que mal jusqu’à ce que j’aperçoive une rue encore plus bondée. Je commence juste à prendre le rythme des basses quand tout à coup un camion déboule à quelques centimètres de moi. Un mur de son, des danseuses, des danseurs, mamies, fillettes : tous dans le même berceau, et ce n’est pas le carillon qui nous berce, mais une musique techno qui fait circuler à travers son leitmotiv une vague de bonne humeur qui se répand à travers les différents machs, explosant littéralement le mur du son et ceux que les physiciens n’ont pas envisagé.



Voilà, c’est ça la Loveparade, 1,2 millions d’arrachés de tout poil dans les rues d’Essen. La fête dure, les rencontres sont furtives, nombreuses et intenses. Un soleil de plomb laisse champ libre aux extravagances vestimentaires les plus ingénieuses : travelots tenus en laisse, papys en tutu, etc. Putain, moi qui me croyait un minimum original…

Il est 19 heures, je me suis fait voler mon sac (manque d attention en fait), ne me reste que mon duvet et le tableau que m’ont offert les deux Lyonnais ainsi que mon portefeuille, mais pas de billet de train. J’appelle mon père depuis un Kebab et l’informe que finalement je ne serai peut-être pas de retour dimanche comme c’était prévu. Un soupir… Il est rodé le daron !

Bon c’est pas tout mais maintenant, il faut penser à rentrer, et fissa, il faut que je m’occupe de mon passeport et de ma carte d’identité : le départ pour Londres c’est pour dans moins de deux semaines. Et puis il commence à faire nuit et je croule non plus sous le poids de mon sac, dont un ange gardien m’a gentiment déchargé, mais sous celui de la fatigue. C’est quoi ça la bas ? Un pont. Bon ben voilà déjà de quoi me protéger de la rosée. Dodo maintenant.

Border jumping: new sport!

Posté le 17.09.2007 par pantagruel52
Bonjour à tous!

Au retour de la fête de l'Huma, c'est marant de voir que la fréquentation du blog est en augmentation. Je suppose qu'il y en a qui sont déçus de la fréquence d'arrivée de nouveaux billets, mais il ya des jours sans et des jours avec. Je parle de motivation. Et d'ailleurs, en moyenne, il y a plus de jours sans. Mais bon, je la terminerai ma série sur l'Allemagne: je vous promets le dernier épisode avant la fin du mois.

Mis à part ça, le grand voyage commence. "Larguez les amarres et voguez vers l'horizon jusqu'à pedre du regard ce que vous aviez construit, même ce foutu rafiot!"
Je pars donc pour 6 mois Outre Manche. Ricardo (une connaissance brésilienne que je me suis faite par l'intermédiaire de mon ami Julien) m'attend gare de Waterloo le mardi 18 septembre à 11 heures. Et que se passera-til après 11 heures? Je n'en sais rien, je n'ai pas d'appartement, peut-être un job et ce qui pèse le plus lourd ce n'est pas mon portefeuille mais un sac à dos rempli de frippes...

See you in London!

RQ: je vous laisse aussi quelques photos de la fête de l'Huma: http://biolchi-remi.magix.net/

Vendredi soir (All 2/4)

Posté le 12.09.2007 par pantagruel52
Bon, il est 14h00 et je suis content de moi, quand on est au Luxembourg, l'Allemagne ça ne parait pas si loin; et même à la prononciation, ça fait très germanique.

Seulement voilà, ça se corse.

J'achète une carte de la Rhénanie: bonne pioche c'est bien dans cette partie du pays que se trouve Essen! Je marque Köln (entendez Cologne) sur ma pancarte en carton et je me mets à la sortie de l'aire d'autoroute: rien, personne ne veut s'arrêter. Un routier qui s'est stationné à côté de moi descend sa vitre et m'écris "DEUTSCHLAND" sur un bout de carton, je le remercie et on fume une cigarette ensemble, lui vient de Turquie.
Trois heures d'attente mais toujours rien. Et là, mon regard se perd sur les détails qui illuminent l'aire d'autoroute, des bancs, des Hollandais (énormément en fait), des caravanes, des camions, un pont, des voitures... Un pont! Il rejoint l'aire située sur l'autre voie de l'autoroute: je me suis planté de côté!
Pas le temps de faire mes bagages qu'une ravissante jeune fille (chargée d'un sac à dos et dont la frimousse est agrémentée d'un chapeau de paille) s'avance vers moi toute souriante. C'est une américaine et elle revient justement d'Essen pour se rendre à Bordeaux, "visiter ceux qui fabriquent du wine"... On est en septembre, traduction: elle va faire les vendanges. "Yes, that's the word, can you wright it on a paper?" Elle me tend un paquet de feuilles slim et je marque vendanges sur le carton. On boit du gin tonic autour d'une préparation à fumer, un concentré d'essence de tulipe me précise t'elle. Je me décide enfin à traverser ce pont (c'est pas si facile quand deux barrières de deux mêtres et des brouettes entrecoupent le périple) et j'arrive en terre promise en titubant, je pense que le gin et les tulipes y sont pour beaucoup.

Quelques secondes plus tard, c'est un ancien commercial de chez Kronenbourg qui me prend pour me ramener à Strasbourg (un peu plus au sud, je sais, mais j'en avais ma claque de ce duché bourré de nicotine détaxée.) Lui aussi il est sympa et il adore prendre les pouceux, qu'importe le pays où il se trouve, les derniers m'a t'il dit étaient des dernières, des Polonaises complètement pommées mais mignonnes: ça stimule le frein à main. Il a monté une affaire avec son patron [cette phrase n'a pas grand chose à voir avec la précédente, il n'est donc pas sujet de proxénétisme...] et vend des ingrédients de patisserie partout en Europe, il parle 5 langues différentes, en plus de l'Alsacien mais il me dit que ça compte pas réellement, ça ressemble paraît-il de très près à l'allemand. Forcément, on parle de bière, enfin surtout lui, moi j'y connais pas grand chose, c'est surtout mon père qui est passioné. "Passioné? Et il collectionne peut-être des objets en rapport avec cette même passion alors?" me demande-t-il entre deux coups de téléphone. Ben oui, mon père collectionne les verres à bière, il va sceller le grenier d'ailleurs à force de les entasser, il doit bien en avoir 500 sans compter les tessons. Un grand sourire illumine son visage, lui, sa passion c'est les sous-bocs, il en a plus de 8000 et les a entreposés sur une palette qu'il a filmé de plastique. Je trouve ça formidable pour un monsieur en cravate... Le reste du trajet, jusqu'à Kehl (ville frontalière collée à Strasbourg), il me fait un bilan désastreux sur le système d'éducation à la française, pas assez efficace, et soutient corps et âme qu'il faut laisser les jeunes choisir leur chemin dans les étapes de la vie professionnelle, sans que les parents ne pourrissent leurs ambitions. C'est un ancien jeune qui parle.
Il est 18h30, je remercie mon quatrième mécène, je prends le tramway jusqu'à la gare. J'achète un billet de train, le moins cher, aller/retour jusqu'à Essen: 35 euros, 12 heures de trajet... et oui, le fret est prioritaire en Allemagne!
Je déroule mon sac de couchage après avoir bu un litre de bière (expérience inconditionnelle quand on arrive en Allemagne) en compagnie d'un peintre en bâtiment qui "n'aime pas la drogue, préfère boire de la bière et regarder des matchs de foot", je m'endors sur le quai de la gare.

jeudi après midi > vendredi après midi (All 1/4)

Posté le 31.08.2007 par pantagruel52
Je défriche mon blog et je plante un nouvel article.

Je suis revenu d'Italie et bien sûr j'ai des choses à dire à propos de ce séjour. Cependant, je préfère vous parler d'une autre de mes périgrinations qui s'est achevée il y a quelques jours. Je pense l'avoir vécu avec plus d'intensité.

Je reviens donc d'Italie et ... je m'emmerde: c'est un syndrome commun à nombre d'entre nous, mais chez moi cet ennui débouche souvent sur une issue haute en couleurs. Je ne supporte pas le vide plus de 5 minutes, ça me fait penser que je suis seul, que mes repères sont faux, etc. Bref je vire parano au bout de la sixième minute. Mais cette fois-ci, au commencement de cette minute fatidique, Butch me dit: "Tient, ça te tente d'aller à la Love Parade? C'est à Essen en Allemagne, dans deux jours."
D'un coup, quelque part dans ma caboche, des neurones sont pris d'un productivisme fou et lâchent sans compter des millions ou des milliards de petites billes d'adrénaline qui me réveille de mon ennui mortel, ma pupille se dilate... "Ouai, ça serait cool!"
On s'arme de nos téléphones, mais personne n'est disponible pour une excursion un peu hasardeuse il faut le dire, et finalement mon alcoolyte finit par reculer devant sa proposition. Moi non, et en plus de l'ennui qui me reprend, c'est la déception que je prend comme fardeau supplémentaire. Et là, comme dirait Pujadas, la loi des séries me ratrappe, et Butch me fait une nouvelle proposition: "ben tu pourrais faire du stop, c'est pas top de faire 600 km seul dans la bagnole de tes parents et d'arriver là bas sans connaître personne et repartir au bout de quelques heures."

Bim bam boum, nous sommes le jeudi soir, le vendredi matin aux environs de sept heures je suis au bord de la route direction Neufchâteau et j'espère bien arriver à Essen le soir même (erreur de l'auto-stopeur novice qui s'imagine mal le sens des réalités.) Un voyage de 600 km d'après Internet: ne jamais plus se fier à ces estimations grotesques!

J'enfourche donc la chignolle de mon premier mécène, après près d'une heure d'attente. C'est un antiquaire qui me conduit jusqu'à Saint Blin et on parle de l'évolution incessante des paysages au fil de l'histoire et de cette abération de certains "con-servateurs" du patrimoine qui veulent geler ce processus en interdiant par exemple l'installation d'éoliennes sous le prétexte d'un héritage qu'il ne faudrait pas dénaturer, de paysages merveilleux... Balivernes, nous en convenons tous les deux au regard de l'histoire que nous apprécions chacun à notre manière.

Je marche, je marche, et c'est une sorte de maquignon qui me prend: il vend des semences de taureau me dit-il. J'engage donc la conversation à coups de binette. On parle de mes voyages et des siens, de la Nouvelle Calédonie qu'il a connu pendant son service militaire et fatidiquement, par je ne sais quel lien illogique, on en arrive aux causes d'une jeunesse qui ne se reconnait plus qu'à la lumière d'un cocktail Molotov.
"Avant, on avait le service, et là, il y avait pas de différences, on était tous des frères et on apprenait à se connaître, maintenant les jeunes ne sortent plus de leurs quartiers, et c'est encore beau quand il regardent au delà de leur palier..."
Un chic type, vraiment. Je n'avais fait que quelques kilomêtres en trois heures, mais j'avais déjà voyagé au gré d'opinions très exotiques.

A Nancy, sur une aire d'autoroute, se sont deux jeunes bâcheliers lyonnais (un couple en fait) qui me prennent, ils vont, me disent-ils, regarder les moulins et les tulipes aux Pays Bas. Moi j'aime bien les fleurs mais je n'ai pas le temps de parler de mon jardin luxuriant que la miss devant me tend une kronenburg (sans alcool, elle le déplore quand elle s'en aperçoit) que je sirote en lisant un papier qui traîne sur la banquette, c'est un Charly Hebdo.
Ils me déposent au Luxemburg, le conducteur ouvre le coffre et me tend deux tableaux qu'il a dessiné. Je dois, me dis-t-il, en choisir un. Je choisis celui là:

Festival de Dour 2007

Posté le 21.07.2007 par pantagruel52
J'ai des vacances bien remplies et qui n'en sont pas forcément d'ailleurs.

C'est vrai: à la fac j'entrecoupais mon emploi du temps d'au moins une virée hebdomadaire au cinéma (l'Eldorado à Dijon, 3 salles consacrées à l'art et l'essai pour ceux qui connaissent.) Ma vie étudiante était remplie de ces petits extras. Mais maintenant que je suis intérimaire c'est différent. Derrière le leitmotiv que les agences affichent en grande pompe sur leur vitrine et qui pourrait se résumer à "notre collaboration fera naître la meilleure amitié qui puisse exister", se cache la réalité d'une embauche précaire qui implique une disponibilité permanente et réduit donc le temps libre.

Mais si vous connaissez le loustic, vous savez qu'il ne se limite pas à constater le résultat d'une équation, surtout quand sa personne est impliquée directement dans cette même équation.Tant pis donc pour ma crédibilité auprès des agences d'intérim (sauf peut-être Manpower Chaumont dont j'apprécie le personnel), je me suis royalement posé 4 jours de vraies vacances le 12, 13, 14 et 15 juillet.

Mon ami Butch m'a en effet financé le ticket du festival de Dour ainsi que les frais de voyage (Dour se situe à la frontière franco-belge.) 4 jours de folie que nous avons passé (nous étions 7 au total) au milieu d'une foule de campeurs impressionante, foule elle même suplantée par le nombre de fetivaliers qui s'élevait à près de 150000 dingues de musique en tout genre. Masse de "teufeurs" réunie dans une ambiance électrique qui fait naître des interactions que la pudeur inhibe dans la vie de tous les jours.


Mathieu, Gérald, Butch, Julien, moi et un autre Mathieu: la fine équipe du festival!

Véritable terrain de l'éclate totale, le festival a rassemblé cette année plus de 200 formations musicales de qualité, avec des artistes qui ont illuminé les 6 scènes champêtres et ont embrasé une foule surexcitée.


Concert de Justice: ça vous réveille une seconde fois ce bon vieux Lazare.

Si vous ne connaissez pas le festival de Dour malgré son envergure, cela est certainement dû au fait qu'il et né d'une ambition associative qui à privilégié le bouche à oreille plutôt qu'à la publicité tapageuse.

Vous l'aurez donc compris, je vous conseille une excursion pour la vingtième édition qui risque d'être inoubliable, partez avec des amis et vivez un moment inoubliable qui confortera justement cette amitié (Merci Butch.)

En plus de ma bonne humeur, je vous laisse de liens:
Les photos de l'excursion: http://biolchi-remi.magix.net/
Le site du festival de Dour: http://www.dourfestival.be/fr

Ahah!!

Posté le 08.07.2007 par pantagruel52
et voilà donc mon premier article!

Il est près de minuit, nous sommes encore le 8 juillet, me voici près à vous expliquer le pourquoi du comment de mes futurs écrits.

Déjà, une petite présentation: comme l'indique mon adresse e-mail (ou courriel, terme cher au francophile Albert Jacquard), je m'appelle Rémi Biolchi. Pour ceux qui s'égosille à prononcer correctement le nom de famille, je tiens à précicer que "ch", dans Biolchi, se prononce [k] (il ne faut pas en vouloir à l'alphabet italien qui a choisi de fustiger cette lettre dont un de mes auteurs préférés a titré ce qui restera son plus bel ouvrage, je veux bien sûr parler du K de Dino Buzzati.)


Dino Buzzati, l'urlo, 1967

Ca fait déja pas mal de lignes pour ce qui ne devrait être au final qu'une signature, je vais essayer d'être plus succinct dans les prochains pargraphes de l'introduction de ma thèse aux mille et un chapitres...

Je suis jeune et aventurier: 20 années passées à appréhender un entourrage assez restreint, je n'en avais pas assez, alors j'ai décidé de voyager et de me coltiner la souffrance qui vole sur de plus vastes horizons. Vision tiers-mondiste me direz-vous? Dérision, puce à l'oreille? Mais au final où nous mène-t-il ce gars?

Je vais employer des mots plus parlants. Je suis étudiant en histoire parce que j'aime les belles histoires et les vérolles qui poussent sur l'encornure des bouquins. Là (ou il ya quelques mois) j'ai décidé d'entrecouper mes études par une année sympatique que je compte employer à voyager dans 3 pays différents: Italie, Angleterre et Equateur. Tout ça en abordant chaque contrée d'une façon différentes: l'oeil du touriste, celui du salarié ou encore celui du bénévole dans une ONG.

Le but de ces petits papiers que je disperserai au gré des vents est de tracer l'évolution d'un regard: le mien. Pourquoi? Parce qu'ouvrir les yeux c'est bien, encore faut-il apprécier l'information et la faire circuler par différents médias (ici Internénette) au risque de devenir aveugle et d'entretenir la cécité de chacun.


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